ç Apprenti

Apprenti SES

Ce doit être vers le mois d'Avril/Mai 44 qu'a lieu le concours d'admission pour Apprenti SES à Limoges. Nous sommes nombreux à concourir, il n'en sera pris que 3.
Je me souviens que j'ai hésité, en dictée, sur "l'or de Tolède". Malgré mes lectures antérieures, et je lisais beaucoup, je ne savais plus ce qu'était Tolède ! Alors majuscule ou minuscule ? Je ne sais plus ce que j'ai mis !
J'ai eu la chance d'être reçu troisième.

Je suis convoqué début Août pour visite médicale. A la maison, en campagne, il n'y a pas de salle de bains, on se lave dans la cuisine, à la "bocho", sorte de lavabo/évier creusé à même une pierre de taille, avec évacuation directe sur l'extérieur.
Pour les grandes occasions, -c'en est une -, trempage dans une grande bassine d'eau chaude, et le robinet d'eau est à plus de cent mètres, il n'y a pas de puits, d'où limitation des ablutions !

Donc au matin de la date indiquée, je pars avec ma sacoche d'écolier contenant les documents demandés. Un peu avant d'entrer en ville, au 'Mas-Jambost', je suis arrêté par des G.M.R. (Groupes Mobiles de Réserve), les CRS de Pétain en quelque sorte. Un officier m'interroge, veut que je fasse demi-tour, je lui explique pourquoi il me faut absolument entrer dans Limoges 'pour passer ma visite médicale', que c'est important pour moi. Il me dit que le soir, je risque ne pas pouvoir retourner à la maison.
Une explication: la ville de Limoges est alors pratiquement cernée par les F.F.I. il y a déjà eu des accrochages...
Mais je tiens à ma visite et il me laisse enfin passer.

En fin de journée, je décide d'emprunter un autre itinéraire: le matin je suis venu par le Faubourg d'Angoulème, le soir ce sera par l'ancienne route d'Aixe....
Mais à la descente du tramway, vers l'ancien 'Grand Tilleul', ce sont les miliciens qui tiennent barrage, et ça canarde... avec les FFI.
Je fais illico demi-tour, et je vais chez un copain d'enfance qui habite tout près. Déjà un peu braconnier, il connaît des raccourcis à travers bois et champs, et c'est par ce moyen, et en traversant la rivière l'Aurence en dehors de tout pont, que je peux revenir chez nous !

C'est le 15 Septembre 1944 que je me présente au Centre d'Apprentissage du dépôt de Limoges. Avec une demi-journée de retard, car je n'ai pas reçu de convocation.
Fort heureusement, l'un de mes deux frères, surveillant du Service Electrique à l'ancien Poste G de Limoges, situé en face du dépôt, a vu arriver les arpètes le matin, et est allé voir le Direteur du Centre.
Poi, pendant ce temps, je garde les vaches et ramasse une copieuse cueillette de cèpes et girolles.
C'est au retour du pré que mon frangin m'attend pour me faire changer d'occupation. Par la même occasion, je rate le repas de batteuse prévu le soir même ! Tant pis !

Le Chef de Centre me/nous remet le Contrat d'APPRENTISSAGE à faire signer aux parents.

J'ouvre une parenthèse:
dans notre promotion, deux de nos collègues vivent une situation douloureuse:
- L'un (app. MT), a perdu quelques mois auparavant son père, mécanicien de route au dépôt de St-Sulpice Laurière, tué lors du déraillement de sa locomotive sur acte de sabotage.
- Le second (app. SES) est sans nouvelles de son père, ouvrier au dépôt de Limoges, résistant, arrêté par les Allemands et déporté en camp de concentration. Il n'en reviendra jamais !
Je referme la parenthèse.


Le Centre reçoit les apprentis M.T. (Matériel et Traction), et 3 apprentis du S.E.S. (Service Electrique Signalisation).
Une précision toutefois: pour passer le concours d'admission, les candidats M.T. doivent avoir au moins 14 ans à la date du concours, les candidats S.ES. 15.
( L'Ecole S.E.S. de Toulouse ne pouvant alors recevoir qu'une seule promotion à la fois, passage obligé des 1ère et 2ème année par un centre M.T. )
Le Centre d'Apprentissage dispense de l'enseignement général, français, maths, ed. physique, mais la grosse partie est l'atelier d'ajustage.

Détour par l'ENP
J'avais auparavant fait 2 ans à l'E.N.P. de Limoges. 1ère année à l'ajustage, où devais théoriquement apprendre à limer, et où je faisais inlassablement une bosse là où il fallait un creux !
Le prof. se contentait de venir observer, dire que c'était pas bon, et repartait dans son bureau.
Par dégoût de l'ajustage, je fis ma seconde année à la forge. Bien qu'assez malingre, je ne me comportai pas trop mal, et j'appris à manier le marteau de forgeron, pas léger, fabriquer ou remettre en état burins, bédannes, la trempe, le revenu, l'affutage...
Le Prof. (il mérite la majuscule), très sympa, était en permanence avec nous, faisant ses remarques sans se fâcher !
J'ai un souvenir assez fort du marteau pilon. Le Prof. nous avait pourtant prévenus: posez votre pièce bien à plat sur l'enclume (du pilon), et n'appuyez qu'ensuite sur la pédale ! (lui, il arrivait à casser une noix sans l'écraser !)
Mon tour arrive d'exposer mon savoir. La tenant fermement à deux mains à l'aide d'une tenaille, je pose la pièce chauffée à blanc comme recommandé (enfin je crois), j'appuie sur la pédale, et je reçois un grand choc vers le bas dans les bras ! Elle n'était pas vraiment à plat, et le pilon s'était chargé de la mettre en bonne position !!!
Pour modifier au marteau à main la section d'une grosse barre par ex. , le travail aurait été long avec le seul marteau de forgeron. Il fallait donc adjoindre l'utilisation du 'Marteau à Frapper Devant' ('MFD' dans ce qui suivra), une masse à long manche.
Le Prof. se plaçait normalement devant son enclume, et le frappeur de l'autre côté. C'est le Prof. qui donnait la cadence et le point de frappe. Dès son marteau relevé, le MFD devait frapper à son tour.
Initiation de chaque élève au MFD, puis ensuite travail avec 2 MFD, et jusqu'à 3 ! A deux, ça pouvait encore aller, à trois les manches s'emmélaient les pinceaux !
Et également j'y ai appris le serrurerie !

Mais comme par ailleurs j'étais devenu un vrai cancre, je me suis présenté au Concours d'Apprenti SES. de la SNCF.
Fin du détour

1ère année au Dépôt de Limoges:

Donc à l'atelier d'ajustage SNCF, je repars à zéro !

La première des séances est consacrée à la préparation devant l'étau, contrôle de sa bonne hauteur suivant notre taille, démonstration de la position à adopter pour un bon équilibre, description et distribution de l'outillage
Nous avons 3 moniteurs. Le plus âgé est le chef, et le plus jeune, ancien apprenti lui-même, n'a guère que 4 ou 5 ans de plus que nous.
Je pense alors, en raison de mon expérience ratée antérieure en ajustage, avoir un peu d'avance sur mes collègues. En réalité, j'ai un sérieux handicap, que le moniteurs décelent aussitôt.
Mon passage en ENP ne m'avait pas appris à tenir une lime, mais j'y avais acquis une mauvaise position devant l'étau, à mon insu, j'étais en mauvais équilibre.
Donc si je me place bien comme il faut en début de séance, insensiblement je reviens à la mauvaise position.
Remarques et re-remarques des moniteurs, jusqu'au jour où l'un d'eux, lassé de parler dans le vide, m'envoie son pied dans les fesses !
Ce qui ne rentrait pas par les oreilles arriverait bien par autre voie...!
Châtiment corporel, allons donc, ce n'était pas le but ! Vexation passagère, certes, mais des mois ou années de bénéfice !
Moi, en tous cas, je le remercie de tout coeur, comme je remercie ses deux collègues.

A intervalles irréguliers, exercice surprise avec le 'cube': réaliser à la scie, burin et lime un cube de 3cm d'arête(environ, peut-être 2 ou 4), et en temps limité, sur une ébauche mal dégrossie préparée en atelier à cet effet !

Sur le plan national, toutes entreprises formant des apprentis confondues, l'apprentissage SNCF vient en seconde position qualitative, derrière les apprentis mécaniciens de la Marine de Rochefort.
C'est la reconnaissance de la technicité de nos formateurs, et de la réceptivité des arpètes.

Ce qui ne nous dispense pas parfois de faire des conn..., avec à la clé un renvoi à l'atelier du dépôt pour des tâces ingrates.
Personnellement, j'ai été envoyé en renfort punitif participer au nettoyage de la boite à fumées d'une machine vapeur entrant au levage. (je dis bien levage et non lavage.). C'est moi ensuite qui dus passer au lavage, et mes 'bleus' aussi !

Deux fois par an, un 'examen semestriel', sur l'ensemble de l'enseignement et en temps limité à l'atelier, jauge la progression de l'apprenti. Et selon la moyenne obtenue, il se voit accorder pour le semestre à venir une majoration sur prime dont je ne me souviens pas le nom, selon 3 graduations, M1, M2, M3, ou rien parfois !

Courant Mai ou Juin 1945, des agents du dépôt, le mécanicien et son chauffeur, et tous les apprentis participent à l'astiquage de la machine vapeur qui conduira le Général de Gaulle de Limoges à Périgueux. Je puis vous assurer que la loco brillait comme un sou neuf !

L'année scolaire se termine sur un bon bilan pour moi, et se clôt par un séjour de deux semaines en camp de vacances, début Juillet, au château de St Anjeau, à quelques KM. au N.O. de Riom-es-Montagne, organisé par la SNCF.



angeau.jpg

Il y a là réunis les apprentis de plusieurs centres du Sud-Ouest
Au retour de ce séjour, temps libre en attendant la rentrée suivante.
Je profite de ce laps de temps pour me casser le poignet gauche, le plâtre me sera enlevé la semaine précédant la rentrée.
J'obtiens un certificat médical me dispensant... de burinage pendant un mois. Parce que la main gauche tenant le burin, un coup de marteau mal ajusté arriverait sur la main ou le poignet affaibli !
On se rééduquait vite, en ce temps là !

Deux anecdotes que je ne peux laisser passer:
- la première: le rationnement existait toujours, la carte J3 ne suffisait pas à nourrir son homme !
Aussi la SNCF, soucieuse de la bonne forme de ses apprentis, nous offrait chaque jour vers 10h (du moins à Limoges, ailleurs je ne sais pas !) un casse croûte copieux avec viande, à la cantine du Dépôt !
- la seconde est racontée ici

2ème année à Bordeaux-Bastide.

Elle commence sous de mauvais auspices pour les 3 Limougeauds (dont en fait l'un est Parisien). Au matin de notre arrivée, et malgré des explorations préalables de nos familles respectives, nous ne savons pas où nous logerons le soir. Sauf hôtel, cher !
Le Chef de Centre est au courant de la situation, et demande aux apprentis bordelais qui rentrent chez eux le midi si par hasard...
Bonne nouvelle en début d'après-midi: les parents d'un de nos collègues MT, habitant Cenon, acceptent de nous héberger tous les trois, repas du soir, petits-déjeuners assurés, ainsi que repas du Dimanche éventuellement.
Les familles se rencontrent dans l'après-midi, affaire conclue.

Cette seconde année n'est pas celle qui m'a le plus passionné, bien que certaines disciplines m'aient bien plu.
Au Centre d'Apprentissage de Bordeaux Bastide, poursuite des cours de première année, avec en plus, électricité pour 12 d'entre-nous, (5 destinés aux s/stations et 7 SES), et surtout technologie vapeur (cours théorique seulement pour les apprentis SES), cette dernière matière me plaisant beaucoup et où je 'touchais ma bille' !
A l'attention des SES, quelques cours de dégrossissage sur la signalisation, que j'écoutai sans doute avec une attention peu soutenue, puisque bien des années plus tard, en 1975, un ISD du SE de Limoges me demande si je me souviens du prof. qui nous faisait signalo à Bastide. Je lui réponds sans doute que ce prof. ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. Il me rétorque alors que c'était lui, le ton laisse transpirer sa satisfaction (!)
Par la suite, nos relations ne seront guère amicales !

A l'atelier, ça devient plus sérieux; en plus des exercices habituels, travail à l'étau-limeur, au tour, à la fraiseuse, avec des moniteurs extra !
L'un d'eux suit particulièrement les 'électriciens', et nous entraîne sur des exercices dérivatifs.... Par exemple, il nous prodigue ds notions de marquetterie, et chacun fait son petit damier.
Et surtout un exercice de longue haleine, la fabrication par chacun d'un moteur électrique trois pôles miniature: depuis le façonnage des tôles et leur isolement magnétique pour les rotor et stator, l'usinage de l'axe, multiples reprises en raison du faible diamètre, usinage des flasques en laiton, à la fraiseuse, calcul individuel devant le prof. du nombre de spires de chaque pôle et du stator, bobinage avec fil très fin isolé au vernis, collecteur, charbons, et les petites merveilles, qui tiennent dans le creux de la main, fonctionnent ! C'est ludique, et très instructif.
Au cours du printemps de 1946 a lieu à Paris un rassemblement des apprentis de la SNCF et leur encadrement, mais je ne peux dire si c'est au niveau Sud-Ouest ou National.
Car au moins deux arpètes n'y ont pas participé, mon pote de Limoges et ma pomme, nos relations avec le Chef de Centre étant quelque peu conflictuelles.
Pourquoi conflictuelles: nous sommes deux apprentis venant de Limoges, qui désirent revenir au moins toutes les deux semaines dans leur famille.
Pour rentrer à Limoges sans sécher de cours, nous n'avons que le B.G. (Bordeaux-Genève) qui nous amène à destination vers 1h30 le Dimanche matin, pour repartir vers 3h00 le Lundi matin par le G.B. (Genève-Bordeaux).
Par contre, en séchant une bonne heure (ou deux !) des cours du samedi, nous avons une possibilité d'arriver chez nous plus tôt. Ce que nous demandons réglièrement et qui a le don de mettre le "Dirlo" en boule ! Parfois il cède, mais ça l'irrite !
Sans doute notre demande a-t-elle un jour été maladroite ou inconvenante: en tout cas le Dirlo s'est braqué !
Et nous élimine du voyage à Paris Nous restons alors esseulés quelques jours à 'glander' sous la surveillance d'un moniteur.
C'était une belle manifestation paraît-il ! Bof !

Un souvenir persistant de la cantine du Centre qui n'ouvrait que le Midi: le jeudi, il y avait pois cassés et saucisses, et j'en raffolais...

bastide.jpg

Les arpètes 'électriciens' de Bastide.
Marqués d'un point blanc, les S.E.S.
Je suis tout à gauche de la photo, debout.
J'aurai l'occasion de reparler de celui qui est assis à gauche.

Je ne peux laisser passer un fait quasi-historique: la première fois où j'ai eu l'occasion de me servir d'un téléphone.
Je tombe malade, et viens en convalescence chez mes parents. Avec recommandation de me présenter au Cabinet Médical SNCF de Limoges. Je ne me souviens plus pour quel motif exact, mais je dois téléphoner au Centre de Bastide. Je vais donc à la poste centrale, je demande le numéro, j'attends que l'on m'indique une cabine, et enfin je décroche le téléphone. Pour la première fois ! Ca peut paraître incroyable, mais dès que j'ai le combiné en mains, je me bloque et ne peux prononcer aucune parole... Je raccroche, j'avais 17 ans !
Autre fait important: pour faire comme les copains, je me mets à fumer. Mon père, pourtant grand fumeur, n'entend pas que je fasse comme lui, et me donne à choisir: "entre le tabac que tu achètes et l'argent que je te donne !" . Le choix a été vite fait, j'ai parfois tiré sur une cigarette, mais n'ai pas pris l'habitude.
Aussi les visites médicales: pour les arpètes, elles sont fréquentes, avec le contrôle de la vision: l'infirmière nous met un main devant un oeil, nous fermons l'autre et récitons la dernière ligne, écrite en petit:
MRTV FUENC XOZD. Bons pour le service !

3ème année à l'Ecole SES Toulouse.

L'école S.ES. de Toulouse se situe à l'entrée de la gare Raynal, longeant les voies, en deux bâtiments;
- d'une part salle de cours, ateliers, bureaux du Dirlo. et des Profs., dortoir.
- d'autre part, un peu à l'écart, la cantine.
Un nouveau dortoir avec infirmerie et en capacité de recevoir deux promotions est en voie d'achèvement dans la cour de cette même gare.

sestoul.jpg

C'est donc l'internat, et nous sommes mis tout de suite à l'aise: retour dans la famille pour Toussaint, Noël, Pâques .
Sauf deux au moins habitant près de Toulouse qui ont droit au Dimanche en famille ! (le Samedi est travaillé)
Le point noir, ce sont les repas de la cantine. Peu copieux, pas très bons voire mauvais, et surtout le matin au petit déjeuner, de la soupe !
Nos prédécesseurs nous ont transmis le recette pour aller chaparder dans la réserve, ça fonctionne ....
C'est souvent que nous manifestons notre mécontentement, mais l'économe, un homme, s'en fout !
Arrive le moment où notre promotion s'installe dans le nouveau dortoir, qu'une salle de classe s'installe à la place de l'ancien, et que les seconde année arrivent à leur tour.
Ce ne sont plus vingt mais une quarantaine de mécontets qui se font entendre à la cantine. Et comme ça ne suffit pas, sans préavis, nous décidons la grève des cours !
Alors là c'est le Dirlo qui commence à s'inquiéter, et reçoit une délégation.
Ca va alors vite: l'économe est priée d'aller se faire voir ailleurs, et remplacé par une Dame, (infirmière de formation je crois), aussitôt baptisée "la Bulle" en raison de sa corpulence.
Mais c'est une "Bulle" pleine de gentillesse qui va s'occuper de nous, de nos repas, et surtout du café au lait au petit déjeuner, enfin !
Je l'ai particulièrement appréciée lorsque j'ai eu "l'honneur" d'inaugurer l'infirmerie du nouveau dortoir avec une varicelle. Elle était aux petits soins pour moi.

Si la deuxième année a été un peu farniente, il va falloir s'accrocher pour la troisième !
Dès la première journée de cours, le prof. de Maths/Elec. nous pose une interro. écrite un peu vicelarde avec résistances électriques en série et parallèlle imbriquées. A la récré qui suit, nous ne sommes que 2 ou 3 à ne pas avoir le même résultat que le reste de la classe sur les 20 que nous sommes. Je suis parmi ces 2/3. Ca se présente mal !
A la reprise, nous retrouvons le même Prof. qui fait l'appel des 2/3 'réfractaires'. Moment de pétoche ! Mais c'est nous qui avons vu juste !

Le premier mois ne serait pas mauvais, sans un plantage complet en recherche de dérangement. Je remonte sérieusement au cours de l'année.

C'est une année dure, nous travaillons tard le soir, parfois le Dimanche.
Mais il y a aussi des moments de rigolade, des bagarres, la vie de fauves en milieu quasi-fermé.
Hormis le hic de la cantine, l'ambiance est en général bonne, les profs sympas, et notre surveillant, cheminot retraité, brave homme à la langue parfois pâteuse et qui veut alors "nous arranger les papiers"

Outre les cours de maths, français, électricité, dessin orienté schémas électriques, nous recevons les cours spécifiques à notre futur emploi.
- Signalisation mécanique et électrique, avec de nombreux schémas que le prof. dessine au tableau et que nous devons recopier; il n'y a pas de ronéo et encore moins de photocopieuse. Mais il est vrai qu'en dessinant chaque schéma sur cahier, nous nous en souvenons mieux.
Certains sont complexes comme le "bloc Lartigue dispositif Chamiers"(près de Périgueux). Je ne saurais maintenant le décrire, avec d'autant plus de regret que mon cahier de cours de signalo, qui m'a suivi durant toute ma carrière active, est maintenant disparu, sans doute victime involontaire d'un "rangement vertical" !
- mesures électriques
- téléphonie
- lignes aériennes avec implantation réelle d'un poteau bois en extérieur, utilisation des agrès de grimpe et de sécurité, outillage de perçage et fixation d'armatures en haut du poteau.
- cloches électriques: "je dois vous en parler, dit le prof, c'est au programme, mais vous n'irez pas sur ces installations." Et mon oeil !
Tous ces cours sont suivis d'exercices pratiques en extérieur ou atelier sur tables de montage, dont certains en temps limité comme la recherche des dérangements ou les mesures électriques.
De temps en temps, ajustage.
Deux examens semestriels, le second comptant pour l'obtention du CAP de Monteur en Signalisation et Téléphonie épreuves écrites et orales.,
Pour l'oral de signalo, c'est "Toto G.", un des pontes de Paris, qui nous 'torture': outre le sujet tiré au sort, il déborde allègrement sur d'autres questions....
Mais finalement je n'ai pas à me plaindre, je suis premier de ma promo ! 'Le pied' dirait-on maintenant !
L'apprentissage se termine par 15 jours en colonie de vacances aux "Forges d'Abel" avec nuit dans un refuge de montagne, sac d'une patisserie à Oloron Ste-Marie (nous y avons tout raflé, contre espèces !), et dernier jour à Pau pour voir arriver Robic vainqueur d'étape du Tour de France.

44_47.jpg

Je suis au milieu de la rangée du milieu.
Voir le site sur les Apprentis de . G. Parramon

Et également dans la rubrique "Il était une fois" sur le site : "Chemins de Traverse", des photos de l'ancienne Ecole SES de Toulouse Raynal.
Et aussi les autres rubriques de ce site !

Et maintenant
le Post-apprentissage

Retour table des matières